L'intérieur de l'église Sainte-Libaire recèle un mobilier d'une grande diversité : des pièces majeures du XVIIIe siècle (chaire à prêcher, clôture de chœur) côtoient les œuvres de 1869 (autels latéraux, confessionnaux) et les créations contemporaines de 1961 (autel principal, céramique, fonts baptismaux).
Plusieurs pièces sont inscrites à l'inventaire Palissy, base de données nationale du patrimoine mobilier français.
« Une génération vantera tes œuvres à l'autre, et racontera tes hauts faits. »Psaume 145, 4
La chaire à prêcher est l'une des pièces les plus élégantes et les mieux conservées de l'église. En chêne, à plan hexagonal, elle se compose :
Les panneaux de la cuve sont ornés de trophées religieux sculptés : calice, étole, chandelier, ostensoir, Bible. Le dessous de l'abat-voix présente une colombe du Saint-Esprit en relief.
Datée de la 2e moitié du XVIIIe siècle, la chaire a peut-être été remaniée lors des travaux de 1869. Elle est placée le long de la paroi nord de la nef. Une pierre tombale se trouve à ses pieds (1719).
Les deux autels latéraux ont été installés lors des grands travaux de 1869. Ils sont de style néo-classique.
Abrite la statue polychrome de Sainte Libaire (2e moitié XIXe s., bois taillé polychrome, inscrite Palissy IM67015417). La sainte est représentée en tunique rouge, tenant une houlette, un attribut qui rappelle qu'elle gardait des moutons à Grand (Vosges).
Abrite une statue de la Vierge à l'Enfant. La Vierge est debout, tenant l'Enfant Jésus.
Cette clôture en fer forgé date vraisemblablement de la reconstruction de 1737. Elle a été démontée peut-être après le Concile Vatican II (1962-1965) qui préconisait d'ouvrir le chœur à l'assemblée.
Aujourd'hui, ses éléments sont répartis en plusieurs endroits :
Ces vantaux sont visibles sur les photographies de la chapelle baptismale.
Installé lors des travaux de 1869, le confessionnal en bois sculpté est placé à l'entrée de l'église, entre l'icône de la Vierge du Perpétuel Secours et la porte. Son architecture à trois compartiments (confesseur au centre, pénitents de chaque côté) est typique du style néo-gothique alsacien.
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. »1 Jean 1, 9
En complément des figures majeures de Sainte Libaire et de la Vierge à l'Enfant situées sur les autels latéraux, l'église abrite d'autres représentations dévotionnelles réparties dans la nef et la chapelle baptismale.
Représenté en habit franciscain brun avec l'Enfant Jésus dans les bras et une tige de lys blanc. Patron des objets perdus et des pauvres, l'un des saints les plus populaires du monde catholique.
La « petite Thérèse », carmélite normande (1873–1897), est représentée tenant un bouquet de roses et un crucifix : ses attributs iconographiques habituels. Docteur de l'Église, très vénérée en Alsace.
Niché dans une alcôve peinte en bleu, cet oratoire présente une icône de la Vierge du Perpétuel Secours. De style byzantin, elle figure Marie tenant l'Enfant Jésus, entourée des archanges Michel et Gabriel.
Précurseur du Christ et figure centrale du baptême, cette statue est tout naturellement placée dans la chapelle baptismale, rappelant la fonction sacramentelle du lieu.
Statue de la Vierge de Fátima (apparition de 1917 au Portugal) située sur le mur gauche de la chapelle. Elle est représentée avec son manteau blanc bordé d'or et sa couronne.
Cette statue montre Marie écrasant un serpent sur un globe terrestre. Elle occupait autrefois l'autel latéral avant d'être remplacée par Sainte Libaire et de rejoindre la chapelle baptismale.
Représenté avec l'Enfant Jésus, Saint Joseph complète les figures protectrices de l'église. Il symbolise la paternité et la protection de la Sainte Famille.
Les quatorze stations du chemin de croix sont disposées le long des murs de la nef. Chaque tableau illustre une étape de la Passion du Christ, de sa condamnation à sa mise au tombeau.
La chapelle baptismale, peinte en bleu ciel, est accessible depuis la nef par une arcade et fermée par des vantaux de la clôture de chœur en fer forgé (XVIIIe s.). Elle contient :
Les anciens fonts baptismaux (encastrés dans le mur de la chapelle) ont été déplacés lors des travaux de 1961 et se trouvent désormais dans le jardin du presbytère voisin.
Le nouvel autel principal en grès de Champenay a été réalisé en 1961 lors de la grande restauration. Fourni par SA Wenger, Petit et Cie (Schirmeck), il comporte à l'origine 8 pieds (il n'en reste plus que 4 aujourd'hui).
L'autel est disposé versus populum (face au peuple) conformément aux recommandations liturgiques qui allaient être officiellement adoptées par Vatican II (1962-1965).
Des reliques ont été insérés dans l'autel lors de la consécration : les reliques des saints martyrs romains Adéodat et Celse ainsi que celles de Sainte Libaire.
Le grès de Champenay (commune de Plaine) a été utilisé pour l'autel principal, le baptistère, les marches du chœur et les croix de consécration. Il s’agit en effet d’un matériau local par excellence, utilisé pour le portail dès le XVIIIe siècle.
« Jésus lui répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. »Matthieu 22, 37-40
La sacristie conserve plusieurs pièces d'orfèvrerie religieuse recensées par l'Inventaire général du patrimoine culturel (dossier IM67015405) : un ostensoir, deux reliquaires et un reliquaire de la Vraie Croix. Ces objets témoignent de la richesse dévotionnelle de la paroisse au fil des siècles.
L'ostensoir, pièce maîtresse de l'orfèvrerie liturgique, est utilisé lors de l'exposition du Saint-Sacrement et des processions. Celui de Sainte-Libaire présente un soleil rayonnant en métal argenté et doré, avec une lunule centrale destinée à recevoir la sainte hostie. Son pied ouvragé est caractéristique des productions du XIXe siècle.
L'ostensoir est exposé sur l'autel lors des adorations eucharistiques et porté en procession à la Fête-Dieu (Corpus Christi). Il est l'un des vases sacrés les plus emblématiques de l'orfèvrerie catholique.
Un second reliquaire est également conservé dans la sacristie.
Ce reliquaire de forme architecturée abrite des reliques de Sainte Libaire, patronne de l'église. Il présente un décor néo-gothique travaillé en métal doré avec pinacles et arcs en accolade. À l'occasion de la consécration de l'autel en 1961, une partie des reliques de la sainte a également été scellée dans la table d'autel.
Ce reliquaire conserve un fragment présumé de la Vraie Croix (la croix du Christ). La relique est enchâssée dans une monture en métal doré finement travaillée, présentée sur un pied ouvragé.
Les reliques de la Vraie Croix sont parmi les plus vénérées de la chrétienté depuis l'époque de sainte Hélène (IVe siècle).
Deux pierres tombales témoignent de l'ancienneté de l'église comme lieu de sépulture, et font partie intégrante du mobilier historique de l'édifice.
Ornée des symboles IHS (christogramme), MARIA et MEMENTO MORI (« souviens-toi que tu mourras »), elle est encastrée dans le mur de l'église face à la chaire. Elle témoigne de l'existence d'une église à cet emplacement bien avant la reconstruction de 1736.
Placée sous la chaire, elle est dédiée à Jean Henry François, fils de Henri Hersent, âgé de seulement 2 ans, décédé le 11 janvier 1719 à La Broque « en Lorrainne ».