Martyre chrétienne · Vers 362 · Grand (Vosges)
Seule paroisse du diocèse de Strasbourg sous ce vocable
🕊️ Martyre vers 362
📍 Lieu : Grand (Vosges)
👨👩👦 Parents : Baccius et Lientrude, nobles de Toul
👦 Frère : Saint Élophe (décapité à Soulosse)
🏺 Reliques : châsse à Grand (Vosges)
⚔️ Persécuteur : Julien l'Apostat
Libaire était fille de Baccius et Lientrude, nobles de la cité des Leuques à Toul (actuelle Lorraine). Elle appartenait à une « noble famille de Germanie » selon les chroniqueurs. Son frère, saint Élophe, fut décapité à Soulosse-sous-Saint-Élophe (Vosges) et selon la tradition, lui aussi porta sa tête après sa mort.
Libaire vivait à Grand, grande cité thermale des Vosges, fréquentée par les officiers et notables romains. Elle gardait les moutons et maniait la quenouille (image de la jeune fille pieuse et laborieuse malgré son origine noble).
L'empereur Julien l'Apostat (331–363), neveu de Constantin et dernier empereur romain à rejeter le christianisme, séjournait à Grand lors d'une expédition. Ayant remarqué la beauté de Libaire, il tenta de la séduire. Elle refusa, fidèle à sa foi chrétienne.
Julien la fit emprisonner puis condamna à mort par décollation (tranchage de la tête). Elle fut conduite sur le chemin menant à Soulosse, où son frère Élophe attendait le même sort.
« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des cieux est à eux. »Matthieu 5, 10
La légende hagiographique raconte que, frappée à mort, Libaire se baissa, ramassa sa tête et revint à Grand pour la laver dans une source avant de mourir. Elle fut ensuite enterrée hors de la cité.
Ce type de récit où un martyr porte sa propre tête après sa décollation s'appelle une céphalophorie. On la retrouve chez d'autres saints célèbres comme saint Denis de Paris. Elle symbolise la victoire de l'âme sur la mort corporelle.
Les reliques de Sainte Libaire sont conservées dans une châsse à Grand (Vosges).
La vénération de Sainte Libaire dans la vallée de la Bruche s'explique par un événement historique précis : au début du XVe siècle, la seigneurie de Domrémy (commune vosgienne voisine de Grand) passa à la Maison de Salm.
Or, les comtes de Salm étaient les seigneurs de La Broque et de sa région. Ce lien territorial avec le pays de Sainte Libaire explique naturellement pourquoi la paroisse de La Broque fut placée sous son vocable. Un lien supplémentaire avec Domrémy rappelle que Jeanne d'Arc elle-même était originaire de ce village.
« Souviens-toi des jours d'autrefois, considère les années, de génération en génération ; interroge ton père, et il te l'apprendra, tes vieillards, et ils te le diront. »Deutéronome 32, 7
En 1852, le curé Jean-François Précheur rapporte des reliques de Sainte Libaire à l'église de La Broque. Cette démarche fut autorisée par Mgr Caverot, évêque de Saint-Dié.
Ces reliques sont depuis conservées dans un reliquaire qui était jusqu’à récemment placé à côté de la statue de la sainte sur l'autel latéral. Lors de la consécration de 1961, des reliques de Sainte Libaire furent également insérées dans le maître-autel, aux côtés de celles des saints martyrs romains Adéodat et Celse.
Il n'y a pas de vitrail à l'effigie de Sainte Libaire dans l'église, contrairement à ce qu'on pourrait attendre pour la sainte patronne. Les vitraux de 1869 représentent d'autres saints locaux. La statue, le reliquaire et la peinture de Sainte Libaire (qui précédait la céramique du Christ-Roi et qui n’existe aujourd’hui plus) constituent les principales expressions de sa vénération.
Dans les campagnes lorraines et alsaciennes, Sainte Libaire était invoquée pour obtenir sa protection dans plusieurs situations :
Protection du ciel
Gardienne céleste de la communauté
Contre la grêle
Protection des récoltes
Contre les orages et la foudre
Sainte des tempêtes
Par temps de sécheresse
Invoquée pour la pluie